Coût d'opportunité
Mai 2026
Quelle est la pire erreur que vous ayez faite avec votre argent ? Prenez trente secondes pour y répondre, vraiment.
Ce qui vient de vous venir à l'esprit est presque certainement la mauvaise réponse. Pas parce que l'erreur à laquelle vous pensez n'était pas réelle, mais parce qu'elle est petite à côté de l'autre. Celle que vous ne pouvez pas voir.
Quand on pense aux erreurs commises en tant qu'épargnant, on pense à un placement qui a mal tourné, à une dépense qu'on regrette. Des choses qu'on a faites. C'est normal : elles sont inscrites quelque part. On les retrouve sur un relevé, on se souvient du moment où on a signé. Et comme on déteste perdre bien plus qu'on aime gagner — les psychologues appellent ça l'aversion à la perte — ces erreurs-là nous obsèdent.
Mais l'erreur la plus chère n'est presque jamais le mauvais investissement qu'on a fait. C'est le bon investissement qu'on n'a pas fait. Et cette erreur, par définition, n'apparaît sur aucun relevé. Il n'existe pas de ligne « ce que vous auriez pu gagner ». On ne la voit pas, donc on l'oublie, donc on ne la corrige jamais.
Mille euros placés chaque mois sur le Nasdaq depuis vingt ans, soit 240 000 € investis, valent aujourd'hui près de deux millions d'euros*. La personne qui ne l'a pas fait ne ressentira jamais cette perte ; elle ne la verra nulle part. Elle est pourtant bien plus lourde que le placement raté qui, lui, l'empêche de dormir.
Alors comment faire pour prendre conscience de ces erreurs d'omission et les réduire ?
Commençons par les définir dans le cadre de la gestion de son argent. Ce sont des investissements que nous avons eu l'opportunité de faire, mais que nous n'avons pas faits, et qui se sont avérés être meilleurs que les choix alternatifs que nous avons faits.
Pour éviter ces erreurs d'omission, il y a donc deux actions à entreprendre. La première, c'est de s'exposer à de bons investissements — car il est difficile de rater des bons investissements si on n'en voit jamais. La seconde, c'est d'enregistrer nos décisions majeures (les choix d'investir et de ne pas investir) et leurs rationnels. Sur le moment, cela nous force à exposer notre raisonnement et à considérer des alternatives, et donc à améliorer notre décision. Après quelques années, cela nous permet de juger nos décisions honnêtement et de corriger nos éventuelles erreurs.
Quel est le bon investissement que vous êtes en train de ne pas faire ?
Notes
* Dividendes réinvestis, avant frais et impôts.